Au
Bénin, l’accès à l’eau potable est l’une des priorités nationales
fixées dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)
2003-2005, adopté par le Gouvernement béninois. La priorité en
matière d’approvisionnement en eau potable et en
assainissement de base au Bénin est en étroite relation avec l’atteinte
des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à savoir,
réduire de moitié à l’horizon 2015 le nombre de personnes n’ayant
pas accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Dans le
cadre de la distribution de l’eau potable et de l’équipement de la zone
rurale en infrastructures hydrauliques, le Bénin s’est doté d’un
instrument de politique nationale qui est la Stratégie Nationale
d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (2005-2015).
La
République du Bénin dispose, toutes proportions gardées, d’importantes
ressources en eau qui, moyennant une gestion rationnelle, lui
permettront de couvrir ses besoins à moyen et à long terme.
Malheureusement, les conditions actuelles d’exploitation et de gestion
des ressources naturelles en général constituent de sérieuses menaces
pour la protection et la préservation des ressources en eau et par voie
de conséquence pour la survie des générations futures.
Au nombre des actions ou des activités ayant des incidences sur la quantité et la qualité des ressources en eau on peut citer :
Les menaces qui pèsent sur l’eau de consommation au Bénin et qui sont essentiellement liées aux activités humaines souvent source de contamination chimique et bactériologique. Cette situation s’explique surtout par l’inexistence d’un réseau adéquat d’assainissement, et le non-respect des normes réglementaires de protection des champs de captage.
L’agriculture qui fait appel à des techniques culturales inappropriées (feux de brousse comme moyens de défrichement, exploitation des versants abrupts sans précautions particulières, labours orientés dans la mauvaise direction... etc) et à l’utilisation des doses d’engrais et de pesticides de plus en plus élevées et inadaptées. Dans ces conditions, le danger pour la qualité des ressources en eau est réel si des mesures appropriées ne sont pas prises à temps pour mieux organiser et contrôler les activités agricoles.
Plusieurs projets d’aménagement de l’espace rural relatif à la conservation des eaux et des sols, à la maîtrise de l’eau à des fins agricoles et pastorales et au reboisement sont exécutés sans une planification cohérence. Le corollaire de telles pratiques, ce sont bien évidemment des résultats largement en deçà de ceux escomptés. Or, harmonieusement mis en oeuvre, ces projets auraient pu incontestablement contribuer à une mise en valeur durable des ressources.
L’élevage de bovin au Bénin est caractérisé par un accroissement rapide de l’effectif des animaux. Il s’ensuit un surpâturage surtout dans les voisinages immédiats des points d’eau où sont généralement concentrés les animaux en saison sèche. Les sols dépourvus de couvert végétal en début de la saison pluvieuse, subissent d’importants phénomènes d’érosion.
Les ressources forestières subissent de même des pressions de plus en plus fortes de la part des populations qui en tirent une partie de leur revenu et l’essentiel de leurs besoins en bois d’oeuvre, de service et de chauffe. Selon le Centre National de Télédétection (CENATEL) qui s’occupe de la surveillance de la couverture forestière, le rythme de régression de la forêt au Bénin est estimé à 100.000 hectares par an.
Pour faire face à un dépeuplement progressif des plans d’eau en diverses espèces halieutiques, les pêcheurs béninois ont initié et développé des techniques de pêches (confection d’enclos dans les plans d’eau, utilisation des filets à mailles très fines) qui accélèrent l’envasement des plans d’eau et aggravent davantage leur appauvrissement en ressources halieutiques.
Les écosystèmes humides du BENIN sont actuellement menacés par : une pression humaine de plus en plus forte de la part des populations riveraines qui continuent d’en prélever des ressources de manière incontrôlée et sans aucune référence à leur capacité d’auto régénérescence ; de mauvaises pratiques d’exploitation des hauts versants qui entraînent un ensablement, un envasement et une pollution chimique relativement rapides ; le fait qu’ils jouent le rôle de dépotoirs dans lesquels les ordures de toutes sortes sont rejetées sans aucun souci de leur pouvoir auto épurateur.
La République du Bénin connaît actuellement un développement urbain rapide. Evaluée en 1992 à environ 36% de la population totale du pays, la population urbaine atteindra probablement une proportion de l’ordre de 50% à l’horizon 2010. L’évolution de ces pôles de concentration humaine couplée avec l’amélioration continue des conditions d’accès à l’eau potable entraîne secondairement un accroissement des volumes d’eaux usées rejetées par les usagers avec pour corollaires des besoins de plus en plus importants en infrastructures et équipements d’assainissement. Actuellement, l’absence ou le dysfonctionnement des systèmes d’évacuation des eaux vannes et les systèmes domestiques d’évacuation par l’infiltration dans le sol ainsi que l’actuel mode de traitement des excréta couplé au faible niveau de latrinisation, constituent des menaces sérieuses de pollution des eaux de surface et de la nappe phréatique même si elle est relativement profonde. Le manque de contrôle lors de la construction des latrines favorise des malfaçons qui entraînent des échanges entre ces dernières et les aquifères des régions à dépôts très perméables. Toutes ces situations représentent une très grave menace pour la santé.
Les
problèmes actuellement rencontrés dans le domaine de la gestion des
ressources en eau sont de plusieurs ordres et les plus importants sont
:
La faible mobilisation sociale autour des programmes de développement ;
Le faible niveau de connaissance des ressources en eau disponibles ;
Une dégradation relativement rapide des différents écosystèmes existants.
Les
causes majeures des indices de contre-performance relevés dans le
domaine de la gestion des ressources en eau sont les suivantes :
une méconnaissance insoupçonnée par l’écrasante majorité de la population béninoise, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, des richesses que constituent les écosystèmes humides et la notion du développement durable ;
le niveau de pauvreté du pays et des populations béninoises qui vivent pour la plupart dans des conditions essentiellement précaires ;
l’inexistence d’une volonté réelle et d’un engagement ferme des autorités politiques et administratives.
L’eau
est un bien économique et social et il y a lieu que tous les usagers en
prennent conscience, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas en
République du Bénin. L’ignorance et la pauvreté ajoutée à
l’indifférence des uns et des autres constituent des risques
environnementaux pour le pays.
Des mesures et des actions
judicieuses doivent être mis en œuvre afin de gérer de manière intégrée
et durable les ressources en eau du pays.
Bien gérée, l’eau est source de vie, mais mal gérée, elle peut être à l’origine d’importants dégâts.